Les carcérales – Magali Wiener

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La juge soupire. Me dit qu’on va s’arrêter là pour aujourd’hui. Me demande de me lever. Debout, face à elle, j’ai les yeux rivés sur mes pieds. Elle me parle de la peine que prévoit le Code pénal pour les faits qui me sont reprochés. Sept ans et demi de prison. Je voudrais dire encore une fois que je n’ai rien fait. Leur vérité n’est pas la mienne. Je reste muet.
Sa voix m’exile. Je suis mis en examen. Le juge des libertés décidera de mon placement en détention provisoire. Mandat de dépôt.
Ils m’envoient en prison. Ils disent que j’ai violé. Violé la loi.

La soirée s’annonce bien pour Rodrigues : fête de la musique, bière et rock’n’roll… Et puis ce concert avec Aurélie, qui semble ne chanter que pour lui. Des regards qui s’échangent, l’alcool qui aide, des envies plein les yeux… Une nuit qui tient ses promesses.
Rodrigues est heureux.
Jusqu’au lendemain matin, où le cauchemar commence…

.

Qui dit Milan Macadam, dit jeunesse et Dieu (ou n’importe qui d’autre) que j’ai du mal avec les récits jeunesse et young adult. Mais cette fois, cela a été une bonne lecture, rien de fou pour moi mais un bon moment.

On aborde le sujet du viol d’une manière et d’un point de vue inhabituels. En effet, Rodrigues, un adolescent de 17 ans, est accusé de viol avec violence sur Aurélie, une fille qu’il connait depuis une dizaine de jours. Tout le long du roman, Rodrigues clamera son innocence, il n’avait pas conscience de ce qu’il faisait pour la simple et bonne raison que pour lui, il n’a  aucun moment forcé Aurélie à quoi que ce soit. L’auteur nous raconte l’histoire de Rodrigues à travers toutes les étapes de la décision judicaire : enquête de police, prison, tribunal, jugement, donc contrairement à ce que peut laisser entendre le titre, tout le roman ne se déroule pas en milieu carcéral.

On parlera aussi forcément de la « responsabilité » d’Aurélie dans ce viol présumé, et forcément on va tiquer sur certaines choses. A-t-elle envoyé de faux signaux à Rodrigues ? Est-ce que son accusation de viol n’est pas une manière de justifier un acte qu’elle n’assume pas ? Etait-elle vraiment non consentante ? Etc. Or, du fait du point de vue adopté (le présumé coupable), le roman prend un aspect peu abordé dans les récits de viol et nous mets de fait « du coté de Rodrigues ». C’est ses pensées à lui qu’on lit, ses souffrances qu’on accompagne, sa détresse qu’il nous inflige. Et on en vient facilement à le croire en effet innocent.

Finalement, l’auteur utilise les délibérations des jurés pour mener une réflexion sur l’utilité ou non de la prison dans ce cas pécis mais aussi plus globalement.

C’est donc pour moi un roman intéressant à mettre entre les mains d’adolescents et à utiliser par exemple comme support à débat / discussion sur les thèmes abordés par l’auteur.

En revanche, au niveau du style, j’ai parfois sauté quelques lignes. L’auteur choisit un style très haché, très découpé, certaines phrases n’ayant même pas de sujet ou de verbe.  Ce choix colle bien à l’état d’esprit du personnage principal mais est un fatiguant sur l’ensemble du roman.

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